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Burn pits : la Défense continue de minimiser l’affaire

27/06/2019

Les syndicats de la Défense ont été informés par l’état-major, ce 27 juin, à propos des "burn pits". Cette réunion s'est tenue à la suite de reportages parus dans les médias ces derniers mois et après les nombreuses questions soulevées par le syndicat militaire ACMP-CGPM auprès des plus hauts responsables de la Défense quant à la manière d’aborder cette problématique. Dans ses explications, la Défense continue à minimiser toute l’affaire et à écarter les problèmes médicaux provoqués par les fumées toxiques des burn pits.

D’après l’état-major de la Défense, il existe toujours une "pollution atmosphérique" sur la plupart des théâtres d’opérations : la pollution atmosphérique "normale", la poussière fine, les gaz d’échappement des véhicules ou avions militaires, les matières nocives libérées par l’utilisation de munitions, etc. Les fumées des burn pits ne sont donc qu’un élément de cette pollution et, selon la Défense, elles ne seraient pas un facteur déterminant irréfutable en cas de problème médical rencontré sur place ou de maladie développée après le retour en Belgique. En outre, l'état-major de la Défense affirme n'avoir connaissance que de "moins d'une poignée" de militaires ayant des problèmes de santé du fait de leur déploiement en Afghanistan et au Mali.

Un tel point de vue ne coïncide pas avec les conclusions de l’ACMP-CGPM. Le syndicat militaire a tout de même répertorié 125 déclarations de militaires : 20 d’entre eux font état de problèmes médicaux, encore actuels, qui se sont manifestés après leur mission à Kandahar et à Bamako. De plus, les troubles sont typiques d’une exposition à long terme à des émanations toxiques : problèmes pulmonaires et respiratoires, ainsi que des troubles gastriques et intestinaux.

Le lien entre les missions à l’étranger et les problèmes médicaux

D’après les hauts responsables de l’armée, il n’y a donc aucun lien entre les problèmes médicaux rencontrés par nos militaires pendant et après leur mission à l’étranger, et les émanations toxiques des burn pits. La Défense fait référence à des enquêtes scientifiques étrangères. Ces dernières affirment en effet qu'il est difficile d'attribuer tout problème médical à l'exposition à une substance ou à une source unique, telle que le burn pit. Après tout, il y a une exposition continue à diverses substances et sources [1].

D’après le syndicat militaire ACMP-CGPM, il n’est donc pas judicieux d’évaluer séparément chaque substance ou chaque source si elle est à la source d’un trouble, comme le fait la Défense, mais plutôt de prendre en compte l’ensemble complet des expositions. Après tout, c’est l’ensemble des expositions au cours de la mission qui a causé ces pathologies.

De tels problèmes sanitaires résultent bien d’une mission militaire commandée. Et cette constatation est importante. Le lien entre les circonstances de l’engagement – et donc avec "l’intérêt du service" - et d’éventuelles maladies, est donc indiscutable. L’existence-même de ce lien devrait obliger l’armée à prendre les mesures qui s’imposent, à la fois en matière de prévention et de suivi après la mission. C’est l’essence même du devoir de diligence de la Défense envers son personnel. C’est également le cœur du principe de précaution essentiel à toute mission militaire.

L’absence d’action adéquate de la part de la Défense et le rejet de probables conséquences médicales ont donc tendance à échapper à sa responsabilité.

L’ACMP-CGPM appelle à un ajustement de l’approche concernant la pollution de l’air pendant les opérations. Ces améliorations devraient comprendre, entre autres :

  • Un contrôle médical périodique par la Défense de tous les (ex)militaires qui ont été exposés à des burn pits ou à des substances dangereuses.
  • Une plateforme indépendante - d'enregistrement, de conseil et de suivi - pour les victimes de burn pits et d'exposition à d'autres pollutions atmosphériques.
  • Une ouverture totale de la Défense sur cette affaire, mais aussi sur les mesures et les rapports belges sur la qualité de l'air dans d'autres missions à l'étranger : Mali, autres régions de l'Afghanistan, Irak, etc.
  • Un accès à la compensation financière légalement prévue.

 

[1] En ce compris la pollution atmosphérique « normale » dans la région, la pollution causée par l’usage de munitions et par les explosions, le stress au combat, la pression due à l’absence prolongée du domicile, etc.


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