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Des chefs têtus

29/11/2017

La semaine dernière, l'ACMP-CGPM a publié dans sa brochure La Sentinelle les résultats du sondage sur l'identité de la Défense. L'état-major de la Défense n'avait pas l'intention de communiquer les résultats : trop mauvais et trop négatifs. Pourtant, le Chod avait promis que le personnel en serait informé.
 
La VRT a été la première à utiliser notre article et à en rendre compte. D'autres médias l’ont entre-temps imitée.
 
Après les réactions médiatisées du ministre Vandeput et du général Compernol, nous osons le dire : heureusement, notre article a été repris et les résultats de l'enquête ont été largement diffusés ! Après tout, leurs explications indiquent surtout que les deux autorités ne l'ont toujours pas compris.
 
Le ministre de la Défense réfute la critique des militaires sur l'incertitude, en décidant qu'aucune caserne ne sera fermée avant 2020. Il ajoute que « les résultats de l'enquête sont également la conséquence d'économies antérieures. » Comment peut-on donner des réponses aussi stupides ?
 
Après tout, qu'adviendra-t-il des casernes après 2020 ? C'est la question qui préoccupe actuellement les militaires !
 
Et quid des résultats de cette enquête lorsqu’ils sont comparés à ceux d'une autre, identique et menée en 2015 ? Cette comparaison montre clairement une chose : après trois ans (en 2017) sous Steven Vandeput, les militaires ont une image beaucoup plus négative de leur organisation qu'après six mois sous le même ministre (en 2015). De plus, les déclarations de celui-ci entrent en contradiction avec celles de l'ancien Chef de la Défense, le général Van Caelenberge : « Il ne s'agit pas de couper la chair (ce que fait ce gouvernement), mais d'amputer. » Cela ne nous semble pas vraiment être comme si « la page est entre-temps tournée », comme le dit le ministre.
 
Nous trouvons l'explication du général Compernol aussi un peu étrange : « À l'origine, la Défense était censée économiser 1,6 milliards d'euros au cours de cette législature, que nous avons réduit à 600 millions » (sic). On dirait qu'il est fier que cette coupe ne représente que 600 millions. Nous nous demandons ce que pensent les hommes et les femmes des unités, ceux qui doivent bricoler tous les jours pour faire tourner la boutique. De plus, l'accord de coalition de ce gouvernement stipule que « la Défense se verra redonner les moyens de remplir correctement ses missions. » Jusqu'à nouvel ordre, un accord de coalition n'est encore valable que pour le gouvernement actuel, c'est-à-dire celui dont Steven Vandeput fait partie. Ces 600 millions d’euros ne correspondent donc pas vraiment à la promesse du gouvernement. Dans le monde des affaires, cela s’appelle une « rupture de contrat ». Le Chod semble être d’accord : « Eh bien, 600 millions... heureusement, il ne s'agit que de 600 millions. » Comprend-il bien le signal envoyé ?
 
C'est une attitude si ambiguë qui contribue aux sentiments de déception du personnel. En envoyant de tels signaux au monde extérieur, on ne voit pas clairement à quel point la misère est grande sur le terrain. Les militaires ne se sentent pas soutenus par leurs chefs si ceux-ci ne fixent pas de limites claires et ne s'expriment pas clairement.
 
C'est également une chose que le sondage nous apprend. Mais visiblement, sur ce plan aussi, nos patrons ont la tête dure. Ou bien sont-ce les presque 4.000 répondants qui n’ont pas compris l’enquête et qui ratent le coche ? Et nous aussi ?

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